LE MUSEE DE LA CARTE POSTALE
4 avenue Tournelli 06600 Antibes

Contact : 04.93.34.24.88 – museedelacartepostale@gmail.com
Ouvert de 14h à 18h du mardi au dimanche inclus (fermé le lundi).
Tarif d’entrée : 5€ (gratuit pour les moins de 12 ans).

“CHERCHER CHAUSSURE À SON PIED”

Exposition temporaire du 1er Juillet au 30 Septembre 2016

Carte postale ancienne, école de cordonnerie de Tourcoing, issue de l'exposition temporaire du musée de la carte postale sur le thème de la chaussure.

Confrontés très tôt aux réalités de la vie…

En plus de son exposition permanente avec visite guidée et commentée, le Musée de la Carte Postale vous présente une exposition temporaire de cartes postales du début du 20ème siècle sur le thème de la chaussure vu par des artistes photographes ou illustrateurs, ainsi que des cordonniers, sabotiers, et marchands de chaussures en activité.

En s’intéressant à l’histoire du vêtement, on trouve peu d’informations ou d’images concernant la façon dont se chaussaient nos ancêtres. Exception faite pour le début du 20ème siècle où la parution de milliers de cartes postales relatives à toutes les activités humaines, ne manquèrent pas de mettre en scène cet accessoire indispensable à notre confort : la chaussure.

Plus précisément, les chaussures. Sous tous leurs aspects, dans tous leurs états, depuis l’humble chausson de la layette de bébé tricoté à la main, jusqu’à la pantoufle du vieillard, en passant par les galoches, les sabots, les bottes, les espadrilles et les souliers vernis pour aller danser.

Carte postale ancienne, sabotier berrichon à Paris, issue de l'exposition temporaire du musée de la carte postale sur le thème de la chaussure.

Ci-dessus un des derniers sabotiers à PARIS.

A cette époque plus de la moitié de la population Française vivait à la campagne et l’utilisation de sabots garnis de paille l’hiver était généralisée. Dans leur sillage les cartes postales nous entraînent à la découverte du métier de sabotier, travaillant souvent en extérieur, en forêt où il trouvait la matière première. D’autres qui ne portaient pas de sabots utilisaient des galoches plus légères mais guère plus confortables.

En milieu rural on possédait parfois une paire de chaussures en cuir, mais que l’on ne mettait que le dimanche pour aller à la messe ou dans certaines grandes occasions : baptêmes, mariages, enterrements. Ces chaussures en cuir étaient soigneusement entretenues nettoyées, cirées et rangées en lieu sûr dans la maison. En cas d’usure ou d’accident on les amenait chez le cordonnier, soit pour renouveler les semelles, soit pour toute autre réparation. A l’évidence une paire de chaussures en cuir représentait un achat onéreux dont il convenait de prendre soin. Toutes les précautions étaient prises pour prolonger leur utilisation le plus longtemps possible.

Carte postale ancienne, publicité cirage ECLA, issue de l'exposition temporaire du musée de la carte postale sur le thème de la chaussure.

Ci-dessus carte publicitaire pour le cirage ECLA.

Il n’était pas rare dans les coutumes populaires de juger un individu sur l’état et l’aspect de ses chaussures, pour avoir une idée assez précise de sa condition sociale ou de sa fortune.
L’expression “va-nu-pieds” s’appliquait aux plus défavorisés. Ce qui somme toute est peut-être moins méprisant que de s’entendre qualifier de “sans dent” par des nantis qui prétendent vous
représenter en haut lieu. Même si l’habit ne fait pas le moine, en revanche nos chaussures peuvent nous trahir aux yeux d’un observateur perspicace.

Chez les militaires, la chaussure fait également l’objet de tous les soins. Pour les hommes de troupe qui apprennent à marcher au pas ou à faire de longues manoeuvres émaillées du parcours du combattant, le confort du pied n’est pas le moindre souci.

Pour les officiers, le port de la botte, plus aristocratique s’impose. D’autant que l’on met à leur disposition un ordonnance chargé de rendre le cuir aussi brillant qu’un sou neuf.

Quand survient la première guerre mondiale, la plupart des fabricants de chaussures fournissent les troupes. A tel point que le Ministre du Commerce est obligé d’imposer un “quota” de fabrication, réservé aux populations civiles qui n’arrivent plus à se chausser.
Les cartes postales évoquent les caractéristiques de la “chaussure nationale”, modèle homme ou femme, à prix fixe, qui devait être mise à disposition des civils en quantité suffisante.

Carte postale ancienne, chaussure nationale française, issue de l'exposition temporaire du musée de la carte postale sur le thème de la chaussure.

Ci-dessus évocation de la Chaussure Nationale pendant la 1ere Guerre Mondiale.

Les fabricants ne tarderont pas à s’en plaindre. Pendant qu’ils sont obligés de débiter des modèles standards accessibles à tous, la concurrence étrangère, élabore des modèles de luxe qui séduisent nos élégantes fortunées. A cette époque, la chaussure surtout féminine peut se transformer en véritable objet d’art, pour contribuer à faciliter la marche de ravissantes créatures, dotées de nombreux admirateurs tout à fait disposés à dépenser une fortune pour gagner les faveurs des
courtisanes.

Le marché de la carte postale, en pleine expansion génère ses propres créateurs, illustrateurs ou photographes qui s’emparent du thème de la chaussure. Ils les représentent avec un chaton sommeillant à l’intérieur, ou laissant libre cours à leur inspiration, la chaussure peut se transformer à l’occasion de photomontages en barque pour Cythère, en objet volant non identifié où des bébés ont pris place à bord, parfois la chaussure devient une luge pilotée par des sportifs en herbe.

Carte postale ancienne, illustration d'un chaton dans une chaussure, issue de l'exposition temporaire du musée de la carte postale sur le thème de la chaussure.

Le jeune public n’est pas oublié. Les cartes postales évoquent la pantoufle que le Prince présente à Cendrillon, et le Petit Poucet traverse l’espace avec les bottes de sept lieues qu’il a dérobées à l’Ogre pendant son sommeil.

A Noël, les chaussures trônent devant la cheminée dans l’attente d’être remplies de cadeaux. A Pâques, les sabots sont garnis d’œufs en chocolat.

Observateurs des mœurs, les illustrateurs représentent un type de femme fatale “Belle Epoque”, coiffée d’extravagants et immenses chapeaux, la taille bien serrée dans un corset, et la jambe gainée dans des bas noirs qui s’achèvent par un dernier élément décoratif : la chaussure, à talon haut pour bien cambrer le pied. Il n’y pas à douter que sur certaines cartes postales, la chaussure constitue le symbole d’une incitation à l’érotisme. Les artistes à l’origine de ces créations n’ignoraient pas qu’il est parfois aussi difficile de découvrir l’âme-sœur que de trouver chaussure à son pied.

Carte postale ancienne, illustration d'un humour anglais "trouver chaussure à son pied", issue de l'exposition temporaire du musée de la carte postale sur le thème de la chaussure.

Toutes ces chaussures, ces souliers, ces sabots, près d’un siècle plus tard portent la poussière des chemins parcourus, les traces de la terre d’origine qui colle aux semelles, leurs rayures, leurs éraflures, elles évoquent les grands malheurs et les petites joies de nos arrière grands-parents. Actuellement, au quotidien, nous avons tendance à faire abstraction de nos chaussures dont le rôle est avant tout fonctionnel. Mais il suffit qu’un petit caillou se glisse à l’intérieur pour nous rappeler combien elles nous sont indispensables.

Carte postale ancienne, curieuses chaussures des Indes d'un musée de Fougères en Bretagne, issue de l'exposition temporaire du musée de la carte postale sur le thème de la chaussure.

Voilà pourquoi, ces chaussures parées de la patine du temps et mises en scène par des artistes, méritaient bien qu’on leur consacre cette exposition. Il ne vous reste plus qu’à venir y faire quelques pas.

Christian DEFLANDRE
Animateur du Musée de la Carte Postale

www.museedelacartepostale.fr

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