LE MUSEE DE LA CARTE POSTALE
4 avenue Tournelli 06600 Antibes

Contact : 04.93.34.24.88 – museedelacartepostale@gmail.com
Ouvert de 14h à 18h du mardi au dimanche inclus (fermé le lundi).
Tarif d’entrée : 5€ (gratuit pour les moins de 12 ans).

« STARS EN NOIR ET BLANC »

Exposition temporaire du 1er Avril au 30 Juin 2017

Carte postale représentant Marlène Dietrich, issue de l'exposition temporaire sur les stars en noir et blanc au musée de la Carte Postale, à Antibes.

En plus de son exposition permanente avec visite guidée et commentée, le Musée de la Carte Postale vous présente une exposition temporaire de cartes postales du début du 20ème siècle sur le thème des acteurs de cinéma en noir et blanc.

Cinémas de quartier :

Je vous parle d’un temps… où la télévision était balbutiante. Une « curiosité » que l’on regardait exposée dans les vitrines des magasins d’électro-ménager, provoquant parfois des attroupements sur le trottoir. Pour s’informer on avait la presse écrite et la radio. Pour se distraire il existait le cinéma de quartier. Le lieu du rêve par excellence ! Construit dans un style théâtral (mais sans être un vrai théâtre), avec son rideau et ses sièges rouges, ses strapontins, ses décorations en plâtre parfois doré. Dès l’achat du billet à la caissière on s’embarquait dans un autre univers. Franchir le hall où étaient exposées des photographies du film en cours de projection, pénétrer dans la salle où la placeuse vous désignait votre siège, puis, début du rituel : Le rideau s’ouvrait et on assistait à la projection d’un documentaire, suivi des « actualités », de films publicitaires, pour finir avec la présentation du film prévu la semaine prochaine.

A l’entracte, un rideau s’abaissait devant l’écran où figuraient en lettres de couleurs criardes les enseignes publicitaires des commerçants du voisinage. La placeuse qui nous avait reçus arpentait la salle en proposant des bonbons, ou des chocolats glacés. Enfin une sonnerie annonçait l’instant tant attendu du grand film ! C’était l’époquela majorité des films étaient en noir et blanc. On ressentait dans la salle obscure une réelle tension. Le public populaire réagissait souvent à l’intrigue en sifflant ou en applaudissant. On venait voir un film parce qu’un ami nous l’avait recommandé ou parce qu’il y avait tel acteur (ou actrice) que l’on aimait bien.

Ah ! Les acteurs des films en noir et blanc ! Ils avaient au moins autant d’importance que l’histoire à laquelle on assistait. Etre acteur c’était avoir une voix, une présence, une « gueule » immédiatement identifiable. Pour la star, mais également les seconds rôles : gangsters, domestiques, petits commerçants, Français-moyens toujours dans le même registre que l’on retrouvait de films en films. En sortant de la salle les critiques fusaient directement : « T’as vu comme il jouait bien » ou alors « Untel, je me demande si il est aussi pourri dans la vie normale ».

Du grand écran à… la carte postale :

Les éditeurs de cartes postales ayant bien compris ce lien spécial et irrationnel qui relie l’acteur à son public ont commencé à produire des photos d’artistes à partir d’images extraites de films ou de portraits artistiques. Considérant qu’il s’agissait du prolongement de leur prestation, les acteurs se prêtaient à cette mode. Sous de prestigieux labels d’envergure internationale : METRO GOLDWIN MAYER, PARAMOUNT, CINEMAGAZINE, André NOYER, les Editions P.I., de nombreuses séries de cartes postales furent diffusées.

Dans les films sentimentaux, les beaux ténébreux faisaient battre plus fort le cœur des spectatrices. Or le public féminin était friand de cartes postales. Beaucoup de jeunes filles avaient une âme de midinette, soigneusement entretenue par des romances à l’eau de rose. Précisons encore que dans les années 1950, de nombreuses demoiselles apprenaient la dactylographie, la maîtrise de la machine à écrire leur offrant des débouchés professionnels. A l’époque pour effectuer 3 ou 4 copies d’une seule frappe, on utilisait des papiers carbone. L’un des fabricants de papier carbone le plus connu, KORES glissait dans ses rames de papiers, en prime, des cartes postales d’acteurs de cinéma portant la mention : « Offert par Carbones KORES CARBO PLANE, le carbone qui ne roule pas ». Une collection de 100 portraits ! Une belle opération pour fidéliser la clientèle cinéphile.

Générique de fin :

De nos jours le cinéma traditionnel subit une terrible concurrence : télévisions, ordinateurs, jeux vidéo, … Il résiste comme il peut avec une surenchère de technicité : couleurs, restitution spatiale des sons, tentative de reliefs et des effets spéciaux toujours plus époustouflants. Les machines à écrire, le papier carbone et les cartes postales sont à ranger au rayon des antiquités.

Mais en regardant ces visages en noir et blanc, avec leurs sourires ou leurs expressions dramatiques, on imagine ce que devaient ressentir nos grands-parents en visionnant des films où les méchants étaient toujours punis à la fin, et où les héros se mariaient, avaient beaucoup d’enfants et vivaient très longtemps. En notre qualité de « montreur d’images », nous vous souhaitons tout autant de bonheur.

Christian DEFLANDRE
Animateur du Musée de la Carte Postale

www.museedelacartepostale.fr

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