LE MUSEE DE LA CARTE POSTALE
4 avenue Tournelli 06600 Antibes

Contact : 04.93.34.24.88 – museedelacartepostale@gmail.com
Ouvert de 14h à 18h du mardi au dimanche inclus (fermé le lundi).
Tarif d’entrée : 5€ (gratuit pour les moins de 12 ans).

« REINE D’UN JOUR »

Exposition temporaire du 1er Juillet au 30 Septembre 2018

Carte Postale Reine des reines Georgette Juteau, Paris 1907.

En plus de son exposition permanente avec visite guidée et commentée, le Musée de la Carte Postale vous présente une exposition temporaire de cartes postales anciennes relative à la proclamation des reines et de la Reine des reines.

De nos jours beaucoup de jeunes filles peuvent rêver d’épouser un prince plus ou moins charmant rencontré lors d’une émission de télé réalité. A la Belle Epoque, il était plus facile de sauter une étape en devenant « reine » et même « Reine des reines ».

Carte postale Reine des reines, Paris 1910.

1. Une tradition festive :

En 1891, un certain Monsieur MOINGEON propriétaire du lavoir MILTON à Paris, suggère que les blanchisseuses de chaque lavoir élisent leur reine et que les reines ainsi élues choisissent la Reine des reines. Tout ceci avant la mi-carême, afin que la Reine des reines puisse défiler sur char au milieu des batailles de confettis.

Suite au succès remporté lors de cette première manifestation, de nombreuses associations de commerçants décident de rejoindre le mouvement. On crée un Comité des Fêtes chargé de financer et de gérer l’évènement. Ainsi, point besoin d’être issu de la cuisse de Jupiter pour accéder au titre de reine. On voit s’activer l’union syndicale des charcutiers, le syndicat des épiciers de détail, les commerçants des Halles et Marchés de Paris, les détaillants de vins, etc. Chacun veut avoir sa reine. Les organisateurs offrent des lots aux gagnantes. La Reine des reines, elle, est entièrement habillée, coiffée, maquillée et « bijoutée » de la tête aux pieds par les commerçants. Ce qui permet aux donateurs de faire figurer leur publicité sur les cartes postales éditées pour cette occasion.

Carte postale Reine des reines Jeanne Queru, Paris 1911.

2. Le règne d’une Reine des reines :

Aussitôt désignée, la Reine des reines revêt les attributs de son titre. Entourée par les membres du Comité qui ne se privent pas de la féliciter et de la biser. Elle est conviée à un grand diner, suivi d’une soirée dansante ou à un spectacle en vogue.

Le lendemain après-midi, elle trône sur un Char fleuri, le plus grand, le plus beau du cortège, escortée par ses demoiselles d’honneur, et autres figurants costumés. Le char est promené sur les grands boulevards où la foule du carnaval se livre à des batailles de confettis. Elle est conduite au Palais de l’Elysée. Reçue par le Président de la République et son épouse, à qui elle offre des fleurs. En retour on lui remet des cadeaux de valeur. Il en va de même à la Mairie du 4ème arrondissement. Elle est la cible de nombreux photographes et journalistes qui suivent l’évènement.

Le lendemain, le carrosse redevient citrouille, et la Reine des reines reprend sa place de vendeuse de légumes aux Halles ou sur un autre marché, mais avec de beaux cadeaux et des bons souvenirs engrangés. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. La Reine des reines est élue pour un an, et en de multiples occasions tant en France qu’à l’étranger, elle est invitée à se produire, dans son costume et avec ses attributs de reine.

Carte postale Reine des reines Augustine Orlhac, Union syndicale des charcutiers.

3. Une année de règne :

En 1909, à Paris, Mademoiselle Augustine ORLHAC est proclamée Reine des reines.

Elle est née à Rignac (Aveyron) le 11/12/1884, avant dernière d’une famille de 8 enfants. Ses parents sont de modestes cultivateurs. Elle avait été placée comme simple « commise » chez Monsieur LAGRANGE Charcutier, 111 Avenue Victor Hugo à Paris.

Après sa nomination, elle va être appelée à animer de nombreuses fêtes de bienfaisance. Invitée en Angleterre à Folkestone pour participer à un concours de beauté au Casino, elle y emporte le premier prix. A Canterbury, c’est le maire en personne qui vient à sa rencontre pour l’accueillir. Un an plus tard, on la retrouve vendeuse chez PAQUIN un couturier de luxe qui habille la haute société.

Carte postale concours de reines à Paris en 1910.

4. Un phénomène national et international :

Dans de nombreuses villes de province, on va procéder de même pour les fêtes de carnaval en désignant des reines, puis la Reine des reines.

Toutes les manifestations festives ou de bienfaisance vont devenir un prétexte à désigner une reine. On y invite parfois celles de Paris ou d’une ville voisine pour donner plus de relief à l’évènement.

Dans de nombreux pays étrangers, cette coutume est mise à l’ordre du jour. Ce sera une occasion pour organiser des voyages, des échanges de reines. Ces manifestations profitent à tous les commerces. Car en définitive, il faut bien admettre que lorsque votre andouillette ou votre saucisse vous est servie par les doigts fins et délicats de la charmante vendeuse que la foule acclamait la veille en tant que reine, ça donne un attrait supplémentaire à la charcuterie artisanale. Il y a un avantage à découvrir toutes ces reines d’autrefois en cartes postales. Elles sont muettes. Alors que de nos jours les Miss « quelque chose » ou les Miss « n’importe quoi », dès qu’elles ouvrent la bouche c’est pour « vouloir la paix dans le monde » ! Rien de moins ! C’est tout juste si elles ne vont pas l’exiger immédiatement ! Plus lucides et plus réalistes, les reines de la Belle Epoque ne nous offrent qu’une image de joie et de bonheur à travers leur sourire.

Christian DEFLANDRE
Animateur du Musée de la Carte Postale

www.museedelacartepostale.fr

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