Les argus et catalogues de cartes postales

En 1975, paraît le premier « Catalogue Français des Cartes Postales de Collection » sous les signatures de Joëlle et Gérard Naudin.
Dans cet ouvrage, l’Affaire Dreyfus est à 20 Francs (soit 10 fois plus chère qu’en 1966), et les cartes postales de l’illustrateur Mucha au prix moyen de 120 Francs .
La parution de l’Argus Neudin se poursuivra tous les ans, jusqu’en 2001, et ne sera interrompue que par le décès de Gérard Neudin.

D’autres auteurs publieront des argus ou catalogues.

Le « Fildier » qui se voulait un rival du Neudin. Cependant, il n’a pas suivi le rythme de ses parutions.

En 1978, paraît « l’Encyclopédie Internationale de la Carte Postale Illustrée » par Annie et François Baudet, comprenant (entre autres curiosités) la reproduction quasi intégrale de la célèbre « Collection des Cent », ce qui constituait un exploit pour l’époque (suivie de 2 répertoires spéciaux Bretagne).

En 1979, paraît le « Guide de la Carte Postale », éditeur Hachette, sous la signature de Serge Zeyons (actuel Président du Cercle Français des Collectionneurs de Cartes Postales).

En 1981, le « Guide Pratique » édité par la revue Le Collectionneur Français, et réalisé par les Frères Di Maria.

« 1975-1985 : 10 ans de Manifestations Cartophiles » par Michel Leclancher.

En juin 2002, le n°2 Hors Série de la Revue Timbres Magazine, 6 rue du Sentier 75080 Paris cedex 02, insère un Guide pratique de la carte postale illustrée, rédigé par Serge Zeyons également.

A ce jour (2003) le seul Guide et Argus subsistant est le « Carré », 51 rue du Colonel Moll 94400 Vitry sur seine…
Les catalogues et Argus peuvent se succéder, les cotations « s’affiner », on constate qu’aucun d’entre eux ne donne entière satisfaction aux amateurs de cartes postales.

A chaque nouvelle parution combien de fois n’avons nous pas entendu dire : « Ils sont fous, à ce prix là, c’est bien trop cher ! » ou la version contraire : « A ce prix là, je suis prêt à acheter immédiatement telle ou telle carte », ou encore : « Comment se fait-il que telle ou telle carte ne figure pas dans cet ouvrage ? ».

Ainsi, il s’avère que les Catalogues, Guides ou Argus font rarement l’unanimité entre acheteurs, vendeurs et collectionneurs. Cependant, ils alimentent le débat concernant la valeur commerciale des cartes postales, bénéficiant pour le profane de ce que l’on appelle communément : « l’autorité de la chose écrite ».

Faut-il prendre en compte les motivations des auteurs pour clarifier leur propos ?
Le seul Argus n’émanant pas d’un négociant professionnel est l’Argus Neudin. Il se voulait être un « volant régulateur » contre les excès de cotation. On ne saurait donc le soupçonner de pousser les prix à la hausse. Il a bénéficié de la confiance de milliers d’informateurs qui lui adressaient les éléments nécessaires à la rédaction de ses ouvrages. Il différenciait bien clairement les résultats provenant de ventes aux enchères (ou sur offre) des simples estimations.
Mais surtout, dans chacune de ses préfaces (mais qui lit encore les préfaces parmi les collectionneurs soucieux de se précipiter au chapitre qui les intéresse prioritairement ?), il précise clairement le bon mode d’emploi pour une « évaluation prudente de sa collection ».
Je vous renvoie à ses lignes pour éviter toute déception.

Si vous connaissez déjà bien les valeurs sentimentale, artistique, documentaire et commerciale des cartes postales, je vous propose de vous pencher sur l’estimation et le critère de rareté des cartes postales.

Votre attention svp

Avant d’entrer en contact avec nous, merci de bien vouloir noter que le musée ne fait aucun commerce de cartes postales, ce n’est donc pas à nous de déterminer la valeur de vos cartes postales, nous ne répondons pas aux demandes des vendeurs. Nos articles sont publiés pour vous éveiller à l’attrait de ces morceaux de cartons à collectionner, et vous donner aussi quelques pistes de réflexions ou anecdotes historiques, en parallèle de votre visite guidée au Musée. Pour savoir combien valent financièrement vos cartes postales veuillez vous adresser à des experts ou commissaires priseurs, merci.
L’équipe du Musée de la Carte Postale.

Christian DEFLANDRE

Créateur - Animateur chez Musée de la Carte Postale
Au fil de mes recherches (historiques, géographiques, artistiques et dans bien d’autres domaines) j’ai découvert que chaque carte postale est une pièce d’un immense puzzle mettant en scène plus d’un siècle de l’histoire humaine ; l’ensemble constituant un véritable capital encyclopédique.

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3 Comments
  • lagrange
    septembre 6, 2016

    Bonjour

    Vous ne parlez pas des cartes postales d’artistes qu’ils dédicacées après les concerts dans les années 40-50, j’en possède 466 comment fait on pour la cote

    Cordialement

    • DEFLANDRE Chrstian
      septembre 6, 2016

      Bonjour M.LAGRANGE,
      Il est exact que le Musée de la Carte Postale ne donne que des indications générales sans rentrer dans chaque cas particulier. Cependant pour répondre à votre question, je vous ferai remarquer que si les cartes postales d’artistes en général, non signées, non dédicacées, relèvent bien de la cartophilie, en revanche le simple fait qu’elles soient signées ou dédicacées par les artistes relève de la collection d’autographes, qui constituent un tout autre domaine. Ce ne sont plus les mêmes éléments qui sont à prendre en compte.La cote des signatures d’artistes des années 1940 et 1950 peut être très variable d’un artiste à l’autre selon leur notoriété et également selon le texte qu’ils ont rédigé sur la carte. Une carte simplement signée est d’une grande banalité, certains artistes en signaient plusieurs par jour. Si un texte plus personnalisé accompagne la signature c’est déjà plus intéressant. Il faut préciser également que certains éditeurs de cette époque ont publié des cartes d’artistes avec leurs signatures parfaitement imitées en fac-similé, que l’on retrouve en abondance sur le marché de la revente. Je pense que si vous possédez « 466 cartes d’artistes dédicacées », vous avez du vous poser la question de leur « valeur » ou de leur côte, avant d’en devenir propriétaire. C’est donc aux négociants et experts spécialistes d’autographes que vous devez vous adresser pour obtenir davantage d’informations à ce sujet.
      Avec mes meilleures salutations. C.D.

  • Alexandra :)
    mars 30, 2017

    Bonjour Monsieur DEFLANDRE !

    Je tenais simplement à vous remercier pour vos explications, pratiques, courtes mais complètes et très claires…

    Étant très attachée à ma région, je souhaitais pouvoir acquérir énormément de cartes postales car comme vous je pense qu’elles reflètent un bout d’histoire, une importance capitale pour comprendre certains « pourquoi » ou « comment »… Bref, quand je vois une carte postale ancienne de ma région, j’ai le coeur rempli de palpitation, je suis émue (non non je ne suis pas folle) !!!

    J’ai comme l’impression qu’il y a 100 ans, pouvoir mémoriser un instant sur une photo la rendait EBLOUISSANTE… Aujourd’hui on prend tout et n’importe quoi en photo avec des qualités soit disant HD (qui laisseront peut etre disparaître l’encre d’ici 50 ans, ça on ne le sait pas) et trèèès peu de photos actuelles me font le même effet qu’une ancienne photo ou carte !

    Grâce à vos conseils, je peux arpenter les marchés sans me faire arnaquer (je trouvais bizarre qu’une carte postale coûte près de 80€ ; le vendeur me disait qu’elle était « rare »! – j’en ai conclu qu’elle avait été tirée à peu d’exemplaires puisque carte non écrite non signée non tamponnée, rien… – j’ai préféré attendre avant de l’acheter, j’ai bien fait je pense!)

    Bref tout ça pour vous remercier ! …et m’excuser pour le roman !

    Et vive les anciennes cartes postales !

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